Jean marie bruce

On ne présente plus Jean Marie Bruce, artiste plasticien  à  la reconnaissance internationale, il fut un des premiers à soutenir la galerie (il a participé à sa scénographie). Né en 1965, personnage chaleureux et sincère, préférant la quiétude de son magnifique atelier de Mbour aux turpitudes de la capitale, il aime dire que ses oeuvres ne se vendent pas, elles s'adoptent. Il est vrai qu'elles sont si pleines d'humanité qu'il est difficile de les voir autrement que comme des enfants que l'on observe chaque jour avec un oeil différent.
Ancien compère de Pierre Marie ciss à l'école Nationale des Beaux Arts de Dakar au début des années 90, il a, tout comme lui, exploré et maitrisé le concept de récupération. Grand amoureux de la nature depuis sa plus tendre enfance, ses premiers travaux ou il recycle et transforme en oeuvres d'art tout ce qu'il lui tombe sous la main, lui vaudront d'être malicieusement appelé le fou par sa soeur.
Recherchant des objets qui lui parlent avant de les assembler, de les métamorphoser, Jean Marie Bruce, les questionne, s'interroge sur leur histoire. Son oeuvre est pleine de symboles, tragiques parfois comme ces bouts de pirogues qui sont peut être celles de migrants ayant sombrés au large des côtes sénégalaises. Pleine de poésie aussi, d'une beauté brute, sauvage et humaine à la fois, qu'il magnifie sur ses "portes" ou ses grandes tôles, matière qu'il triture longuement, en la faisant rouiller sur sa plage de Mbour par exemple. Ses oeuvres sont une métaphore du temps qui passe, du destin aussi également donc. Mais c'est bien entre ses mains que toutes ces matières (bois, fer, clous, etc...) prennent vie, révèlent leurs potentialités, questionnant à leur tour le spectateur : ses portes par exemple sont elles fermées sur le passé (Le symbole de l'île de Gorée est très présent dans son oeuvre) ou ouvertes sur l'avenir, sont elles des frontières, des barrières ou bien des passages vers un avenir meilleur..? C'est en tout cas une autre histoire que Jean Marie offre à tout ces éléments, réussissant la prouesse de leur donner suivant notre imagination, des corps, des visages ou des silhouettes. Ce sont des ombres qui traversent les pièces de l'artiste, leur présence contrastant avec l'immobilité des oeuvres. Il y a donc bel et bien un côté spirituel, mystique dans son oeuvre. Rien ne semble laissé au hasard alors que les matières premières y ont en partie été confronté. Jean Marie éclaire ses oeuvres de sa lumière.
Jean Marie Bruce a été sélectionné dès 1996 à l'exposition officielle de la Biennale d'art Contemporain de Dakar. Collaborant avec 7 autres grands artistes sous le nom du collectif "huit facettes" il est sélectionné avec eux en 2002 pour être présenté au Documenta 11 de Kassel en Allemagne. Figurant depuis dans de nombreuses collections privées, exposées régulierement lors de grands évènements artistiques, présentes dans plusieurs galeries, les oeuvres de Jean Marie Bruce n'ont pas fini de faire parler d'elles. Un Artiste de l'échange qu'il est bon d'aller rencontrer dans son Atelier Résidence Tripano de Mbour, lors des stages, des workshops ou des rencontres internationales qu'il organise régulièrement depuis plus de vingt ans.
S.F

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