Këfran

Pas évident pour moi qui est aussi le galeriste d'écrire ma propre biographie. Je suis plus à l'aise avec les autres, avec mes amis artistes que je connais bien. A la première personne donc. J'aurais pû reprendre quelques articles qui m'ont été consacrés mais je n'ai rien ici au Sénégal. Ils étaient sur mon site internet, mais j'ai arrété de le payer il y a bientôt un an. Vive instagram j'imagine. Je ne sais pas trop où les retrouver et là n'est pas le plus important. Ma plus belle oeuvre d'art de toutes façons c'est ma vie. J'ai fait mienne cette citation de Balzac, " un artiste vit comme il veut, où il peut." Né en 1973, j'ai déménagé souvent, très souvent depuis mes 18 ans, voyagé beaucoup aussi. Sans jamais beaucoup de sous en poche mais toujours heureux de vivre et de m'exprimer artistiquement. Il faut dire que je viens d'une famille de passionnés. Mes parents m'ont initié très jeune à la peinture, à la danse, à la sculpture, à la musique. Je suis un demi autodidacte en fait car je n'ai pas fait d'école d'art mais mon école était à la maison et dans les musées. J'ai été danseur avant d'être peintre et ai dansé sérieusement jusqu'à la fin des années 2000. Ma dernière apparition de danseur sur scène est même en 2013 pour une pièce de théatre franco colombienne, "Mama Inala".
C'est en 1988 à l'age de 15 ans que j'ai vraiment commencé à peindre même si je dessinait beaucoup avant. Après avoir vu un reportage sur des graffeurs j'ai juste pris des bombes qui trainaient dans la cave et ai fait mon premier graff sans croquis préalable sur le chemin du lycée. Le résultat n'était pas terrible mais ça ne m'a pas découragé, pas plus que les ennuis avec la police ou avec le recteur de mon lycée, lycée que je recouvrais de tags tout les midi... 
Quelques graffs plus tard me voici à paris pour des études sportives ( j'étais pas mauvais dans ce domaine donc la route semblait tracée) que j'ai vite délaissé au bout de 3 ans sans peindre ni danser, car le manque était trop présent. Huile, acrylique, aquarelle, pochoirs, bombes, sculpture même, tout y passe. Une auto formation empirique si j'ose dire.
Puis en 1999 je trouve dans la rue un énorme miroir magnifique. Ayant quelques vernis qui m'avais servi à peindre une table en verre, je tente le coup de produire sur ce support. Le résultat me séduit, le miroir est rapidement vendu, et je commence à développer une technique. Fasciné par les vitraux des églises, leur luminosité entre autres, je découvre que je peux donner le même effet à mes graffitis. Des vitraux inversés en somme. j'expose dans des galeries de Paris et sa région.
Mais la rue me manque, et en 2013 j'y retourne (Paris, Nantes, Brest, Quimper...), non pas pour vider des bombes, mais pour coller des miroirs. Petit succès. Visiblement ça plait. La rue est pour moi la plus belle des galeries car on peut toucher le coeur de tout le monde, pas uniquement de ceux qui mettent les pieds dans les galeries.
De retour au Sénégal (mon pays de coeur) en 2018, l'idée de monter une galerie me chatouille. J'aime les gens, mes amis, les artistes. Je soumets l'idée et tout le monde est derrière moi, je reçois les premières oeuvres que j'ajoute à ma collection personnelle. C'est parti la K'You Gallery va pouvoir ouvrir avec mes petits moyens d'artiste. 
Motivé, je commence à développer l'idée d'un parcours de fresques autour de la galerie et me remets donc à travailler sur les murs (mais aussi sur des toiles par continuité) pour donner de l'élan à ce projet : "Toubab Dialaw village street art"!
Membre de l'association Are You Graffing en France, l'idée d'organiser des échanges, des workshops internationaux nait doucement aussi au fil des conversations. L'histoire ne fait que commencer, surtout avec le nombre d'artistes aussi talentueux que chaleureux de ce beau pays!
Dernières expositions:
2018 : Maître Albert Galerie (Paris)
            Galerie La Glacière (Le Havre)
2017 : I love SU street art gallery (Paramaribo, Suriname)

DSC00808.JPG
Danthafro.jpg
DSC01174 paint.jpg